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Cover of Palma Africana

Éditions B42

Palma Africana

Michael Taussig

€23.00

Dans Palma africana, l’anthropologue australien Michael Taussig explore la production d’huile de palme en Colombie. Alors que cette dernière envahit tout, des chips au vernis à ongles, l’auteur examine les conséquences écologiques, politiques et sociales de cette exploitation.

Bien que la liste des horreurs induites par la culture du palmier à huile soit longue, nos terminologies habituelles ne permettent plus de rendre compte des réalités qu’elles décrivent. À travers cette déambulation anthropo-poétique au cœur des marécages colombiens, c’est donc la question du langage que l’auteur interroge. Comme William Burroughs, pour qui les mots sont aussi vivants que des animaux et n’aiment pas être maintenus en pages – Michael Taussig souhaite couper ces dernières, et les rendre à leur liberté.

Pensé à partir d’une vie d’exploration philosophique et ethnographique, Palma africana cherche à contrecarrer la banalité de la destruction du monde et offre une vision pénétrante de notre condition humaine. Illustré de photographies prises par l’auteur et écrit avec la verve expérimentale propre à l’anthropologue, ce livre est le Tristes Tropiques de Michael Taussig pour le XXIe siècle.

Traduit de l’anglais par Marc Saint-Upéry.

Published in 2021 ┊ 180 pages ┊ Paperback ┊ Language: French

recommendations

Cover of Toxicité coloniale: Documenter le Paysage Radioactif

Éditions B42

Toxicité coloniale: Documenter le Paysage Radioactif

Samia Henni, Marc Saint-Upéry

Toxicité coloniale revient sur les programmes nucléaires français menés entre 1960 et 1966 dans le Sahara algérien. Ce programme secret, qui s’est déroulé pendant et après la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), a permis au régime colonial français de mettre à feu quatre bombes atomiques atmosphériques, treize souterraines et de mener d’autres expériences nucléaires dans le désert. Alors que la grande majorité des documents d’archives sont toujours classés secret aujourd’hui, Toxicité coloniale rassemble une variété de sources permettant de documenter l’histoire violente des activités de la France en Algérie. Le livre constitue un corpus de choix à l’intersection de la justice spatiale, sociale et environnementale pour ceux et celles qui s’intéressent à l’architecture, au paysage et aux pratiques d’archivage dans une démarche décoloniale.

Alors que ces bombes ont eu des conséquences durables pour les populations et les environnements locaux ainsi que pour les vétérans français, le manque de contrôle des explosions, les lacunes de sécurité et l’utilisation des Algériens comme main- d’œuvre sur des chantiers particulièrement dangereux apparaissent comme des faits coloniaux d’une importance majeure.

Cover of La Gentrification des Esprits

Éditions B42

La Gentrification des Esprits

Sarah Schulman

La Gentrification des esprits est un retour captivant sur la crise du sida et l’activisme d’ACT UP dans le New York des années 1980 et 1990. Sarah Schulman, elle-même new-yorkaise et militante de la cause LGBT, se souvient de la disparition du centre-ville, pratiquement du jour au lendemain, de la culture rebelle queer, des loyers à bas coût et du prolifique mouvement artistique qui se développait au coeur de Manhattan, remplacés par des porte-parole gays conservateurs, ainsi que par le consumérisme de masse.

Elle décrit avec précision et engagement le « remplacement d’une communauté par une autre » et le processus de gentrification qui toucha ces quartiers concomitamment à la crise du sida. Sarah Schulman fait revivre pour nous le Lower East Side qu’elle a connu. Elle ravive autant le souvenir de ses ami•e•s de l’avant-garde queer que celui de l’ombre inquiétante des premières années de la crise du sida, telles que vécues par une militante. Les souvenirs personnels s’entremêlent à une analyse percutante des deux phénomènes, et du poids invisible qu’ils font aujourd’hui peser sur la société américaine.

L’auteure rend compte de son expérience en tant que témoin de la « perte de l’imagination » de toute une génération, et des conséquences entraînées par cette perte.

Cover of Solidarité, entre fantasme et nécessité

Éditions B42

Solidarité, entre fantasme et nécessité

Sarah Schulman, Stéphanie Lux

Non-fiction €24.00

Sarah Schulman, fervente militante pour les droits humains, livre dans cet essai une brillante analyse des défis sociaux et psychologiques inhérents à tout mouvement de solidarité. En prenant appui sur plusieurs exemples historiques (lutte pour le droit à l’avortement dans l’Espagne postfranquiste, lutte contre le VIH/sida dans le New York des années 1990, mobilisation contre le génocide à Gaza…) ainsi que sur sa propre expérience de femme queer et juive, l’autrice décortique les rouages de la solidarité et entreprend de questionner les fantasmes qui y sont traditionnellement associés. 

En filigrane, cet ouvrage pose une question fondamentale : quelle place pouvons-nous prendre dans un monde de plus en plus polarisé, et comment agir en solidarité avec les populations opprimées à l’échelle mondiale, locale ou individuelle ? L’autrice analyse les conditions nécessaires à tout mouvement de solidarité et montre l’importance de l’écoute active, la nécessité d’intervenir lorsque l’on est confronté à une injustice, la capacité à tolérer l’imperfection, ou encore la reconnaissance du coût moral et social inhérent à toute mobilisation. 

En dressant des parallèles entre différents mouvements sociaux, Sarah Schulman met en lumière certaines dynamiques transversales à tout acte de solidarité et montre l’importance de la convergence des luttes dans un contexte mondialisé. Ode à la libération des populations opprimées, cet ouvrage apparaît aujourd’hui indispensable pour quiconque souhaite oeuvrer à la construction d’un monde plus juste. 

Cover of Visualisation. L'interprétation modélisante

Éditions B42

Visualisation. L'interprétation modélisante

Johanna Drucker

Design €14.00

Les diagrammes, cartes et visualisations de données ont conquis le domaine de la recherche en arts, lettres et sciences humaines. Pour certains chercheurs, ces formes graphiques consistent à exploiter des données quantitatives jusqu’ici délaissées, pour d’autres, elles offrent la possibilité d’explorer les relations discrètes qu’entretiennent des corpus hétérogènes. Mais sur quels fondements épistémologiques reposent ces opérations techniques et intellectuelles ? Dans le cadre de la production du savoir et de son interprétation en régime numérique, est-il possible de dépasser le simple effet d’affichage des données, certes bluffant au premier abord, et d’envisager autrement les interfaces et les logiciels ?

Considérée aujourd’hui comme l’une des plus importantes théoriciennes des humanités numériques, Johanna Drucker livre dans cet ouvrage, spécialement rédigé pour la collection, une alternative aux formes dominantes de la visualisation de l’information. Héritière de la tradition humaniste, elle propose une approche qui réhabilite l’idée d’un sujet situé et incarné qui expérimente et conceptualise les connaissances par le prisme de la représentation graphique.

Cover of Mon musée de la Cocaïne

Éditions B42

Mon musée de la Cocaïne

Michael Taussig

L’or et la cocaïne sont les deux matériaux bruts de Mon musée de la Cocaïne. C’est au cours de leur transformation et raffinement que ces deux substances ramènent avec elles une histoire de l’oppression et de l’esclavage.

Dans ce livre, l’anthropologue australien Michael Taussig prend comme point de départ la proposition de bâtir un musée de la Cocaïne (qui serait l’image reflétée du musée de l’Or de la Banque de la République à Bogotá) et dresse un portrait sans concession de la vie des mineurs afro-colombiens aspirés dans le monde dangereux de la production de cocaïne au fin fond de la forêt tropicale, sur la côte pacifique de la Colombie. Il décrit la violence, la pauvreté, mais aussi les croyances qui surgissent des marais envahis de mangroves et des rivières tropicales qui, pendant plus de cinq cent ans, ont attiré, ruiné et décontenancé Amérindiens, orpailleurs, conquistadors et pirates, esclaves africains, ingénieurs russes et guérilleros marxistes.

Mon musée de la Cocaïne se présente comme un assemblage éclectique d’histoires et d’anecdotes, présenté comme autant de salles d’un hypothétique musée de la Cocaïne, au sein desquelles le lecteur est invité à déambuler, en croisant des références qui vont de Charles Dickens à Franz Kafka en passant par la poésie de Seamus Heaney.

Cover of La rabbia / Anger

Tenement Press

La rabbia / Anger

Pier Paolo Pasolini, Cristina Viti

Poetry €24.00

In a first-time English language translation by Cristina Viti to mark the poet’s centenary, Tenement Press will publish Pier Paolo Pasolini’s groundbreaking, filmic work of prose and verse, La rabbia / Anger.

Why is our life dominated by discontent, by anguish, by the fear of war, by war? In order to answer this question I have written La rabbia, not following a chronological or perhaps even a logical thread, but only my political reasons and my poetic sense. - Pier Paolo Pasolini

Written in response to producer Gastone Ferranti’s request for his comments on a set of newsreel items, the poet would respond with a montage of his own. Via the unfolding of a chrysalis of images, in La rabbia (1963), Pasolini’s lens pans over Soviet repression in Hungary; the Cuban revolution; (the utopian object of) space exploration; political imprisonment in Algeria; the liberation of the former European colonies; the election of Pope John XXIII; the prospect of revolution in Africa and the Middle East; in Europe and in Latin America... Here, we’ve a panoply of photorealist intimations of Pasolini’s ‘poetic sense.’ The death of Marilyn Monroe crests as an idea in this tidal pooling of reflections, and as the poet’s line lights out for conceptual rhymes and counterpoints.

In Viti’s translation, the weave of prose and poetry that forms La rabbia portrays the vitality of Pasolini’s work in its capacity to speak to both the specifics of his contexts, the character of our own present tense, and the ironic fact of a life lived against the gulf of discontent in its myriad forms. Here, we’ve a startling confrontation of a revolutionary struggle in stasis set in lines that crystallise a rallying call against blindness. ‘I’ll not have peace, not ever,’ he writes. A lucid acceptance of the poet’s restlessness, and a marker for Pasolini’s commitment to a solidarity with the oppressed that we find reaffirmed on every page, in La rabbia the poet charts how ‘the powerful world of capital takes an abstract painting as its brash banner’ in this unravelling of ‘crisis in the world.’

Cover of Across the Acheron

Winter Editions

Across the Acheron

Monique Wittig, David Le Vay and 1 more

Fiction €20.00

In her darkly funny 1985 take on Dante’s Divine Comedy, acclaimed French writer and activist Monique Wittig restages the journey through the circles of hell, limbo, paradise from a lesbian feminist perspective. 

Never-before published in the US, Across the Acheron follows the adventures of “Wittig” and her anti-Virgilian guide through laundromats, billiard parlors, dyke bars, and picnic grounds of a 1980s San Francisco populated by hunters and their prey, lost souls, and fantastical beasts, including a robotic eagle and angelic bikers. Wittig reimagines Dante’s epic poem through a feminist and queer lens, subverting his cosmological order and upending gender identities and literary traditions. This edition brings the English translation of Wittig’s final novel back into print for the first time since the early-1990s, revised according to the author's notes, and with a new introduction by Sophie Lewis.

Across the Acheron is a work of lesbian struggle and triumph across two kinds of hell. The hell of the classic western literary canon—and the hell of San Francisco. Monique Wittig brings all of her writerly powers and political experience to bear here, as witness to the horrors of heterosexual patriarchy and also to the possibility of another world for another life. Her work is a rare combination of deeply felt materialism and radical linguistic freedom. If we're to have another world, we'll need to create another language. She knew that, and she lived it.” McKenzie Wark

“Even in fiction Monique Wittig’s writing is critical, prescient, brilliant, satirical, searing, and way ahead of its time. I’m so glad this work is back in circulation to revisit and revel in.” Pamela Sneed

“In this unendurable yet compelling journey through the circles of patriarchal hell, Wittig encounters hordes of tortured women who do not struggle against their oppressors. Their brainwashing is as difficult to witness as their bloodied flesh. Only through communal activism does the seeker’s soul becomes tough enough to enter Paradise, where bare-breasted angels dismount motorcycles and offer baskets of 'cherries, strawberries, raspberries, apricots, peaches, plums, tomatoes, avocados, green melons, cantaloupes, watermelons, lemons, pawpaws, pineapples and coconuts.’ The bounties of Across the Acheron are lush and many.” Dodie Bellamy

“A Guernica of the human (feminist) condition, a blacker, bleaker, more vengeful Alice’s tea party, this is a novel as graphic as a painting, whose brilliance its translators have creditably preserved.” Publishers Weekly

Introduction by Sophie Lewis
Translated by David Le Vay with Margaret Crosland

Cover of If They Come in the Morning...

Verso Books

If They Come in the Morning...

Angela Y. Davis

One of America's most historic political trials is undoubtedly that of Angela Davis. Opening with a letter from James Baldwin to Davis, and including contributions from numerous radicals such as Black Panthers George Jackson, Huey P. Newton, Bobby Seale and Erica Huggins, this book is not only an account of Davis's incarceration and the struggles surrounding it, but also perhaps the most comprehensive and thorough analysis of the prison system of the United State.  

Since the book was written, the carceral system in the US has seen unprecedented growth, with more of America's black population behind bars than ever before. The scathing analysis of the role of prison and the policing of black populations offered by Davis and her comrades in this astonishing volume remains as pertinent today as the day it was first published.  

Featuring contributions from George Jackson, Bettina Aptheker, Bobby Seale, James Baldwin, Ruchell Magee, Julian Bond, Huey P. Newton, Erika Huggins, Fleeta Drumgo, John Clutchette, and others.

Cover of Arthur’s Whims

Spurl Editions

Arthur’s Whims

Hervé Guibert, Dana Lupo

Fiction €20.00

Arthur’s Whims is the tale of “a modern saint,” a love story born of a childhood dream of being “alone on a boat with a boy, a friend.” Arthur and his beloved Bichon—a young man who, after drinking Arthur’s tears, becomes pregnant with his child—drift through a stream of identities and circumstances: birdcatchers for a French taxidermist; sailors shipwrecked in an ice fortress; explorers of the Isles of Traitors, Babies, and Sadness; famous magicians in Oklahoma; religious and medical marvels. It is an anarchic, outrageous novel, in the tradition of Edgar Allan Poe and Comte de Lautréamont, now available in English for the first time in translation by Dana Lupo. This edition includes Hervé Guibert’s essay “The Bear,” in which he compares his books to rooms in a house, writing: “Arthur’s Whims would be the library of the house, and the bedroom of a child who will never be.” It is “a true adventure novel in the tradition of the genre, or what I believed to be its tradition, with great journeys, disasters, shipwrecks, cataclysms.”

“This short novel, offered here along with an essay by Guibert, reads like a madcap picaresque—one in which bodies can transform, the pace is constantly accelerating, and geography proves to be malleable. A gloriously surreal account of an unexpected voyage.” — Tobias Carroll, Words Without Borders

Hervé Guibert was a French photographer, critic, and author. Born in 1955, he published works of autofiction, novels, short stories, and essays, including many on photography. His writing was often deeply personal, ironic, and centered on illness and the body. Guibert died from complications of AIDS in 1991, at the age of thirty-six.

Dana Lupo is a writer and translator based in New York. Their work has appeared in Entropy, Bone & Ink Press, Arcturus (Chicago Review of Books), Apricity Press, and elsewhere. Arthur’s Whims is their first published translation.

Cover of Comment réparer : La maternité et ses fantômes

Zoème

Comment réparer : La maternité et ses fantômes

Iman Mersal, Richard Jacquemond

Publié en 2018 par Kayfa-ta (Égypte), Comment réparer : la maternité et ses fantômes propose une réflexion sur la maternité et ses représentations. Plusieurs fois réimprimé, ce livre jouit d’une très grande réputation dans le monde arabophone, notamment auprès des jeunes générations.Mobilisant différentes formes d’écriture (essai, récit, poème, journal) et des images photographiques tirées de sources diverses (archives personnelles, presse, portraits vernaculaires, etc.), la trame du livre s’articule autour des relations de l’autrice avec sa mère, sa grand-mère et ses deux fils. Déjouant les clichés et les formes narratives établies, Iman Mersal décèle les complexes réseaux symboliques dans lesquels s’inscrivent la filiation et la maternité, depuis la grossesse jusqu’à l’éducation des enfants, et ce de génération en génération.À l’écoute des silences de la mémoire, explorant ses labyrinthes, le livre porte un regard critique sur la violence et le sentiment de culpabilité qui traversent le corps maternel, notamment dans ses rapports au langage, au travail ou aux institutions. Iman Mersal élabore ainsi une sorte d’art poétique : la réparation dont parle le titre passe par l’écriture, elle est donc d’ordre créatif ; mais l’écriture s’insère dans un quotidien qui lui fait obstacle, qui met au défi la possibilité même d’écrire dès qu’on devient mère. Comment réparer : la maternité et ses fantômes est en ce sens un formidable texte de résistance, un geste d’émancipation.

Née en 1966 en Égypte, Iman Mersal est poète et professeur associé de littérature arabe à l’université d’Alberta, au Canada. Ses récents livres sont des écrits très originaux qui mêlent recherche académique et réflexions intimes sur une grande variété de sujets, dont la plupart ont trait à son identité de femme et d’artiste. Une anthologie de ses poèmes – Des choses m’ont échappé (2018) – et un récit – Sur les traces d’Enayat Zayyat (2021) – ont été traduits en français par Richard Jacquemond pour les éditions Actes Sud